21 octobre 2013

Souriez, vous êtes filmé!

Engagement et dérision : petit parcours de l'image à la parole. J’ai déjà évoqué ici plusieurs réflexions personnelles, assez naïves, sur la littérature engagée, et de manière générale sur les rapports entre littérature, documentaire et réel : ce que j’essaie de comprendre, c’est de quelle manière la littérature peut faire œuvre politique sans tourner au roman à thèse plein de nobles sentiments. Comme cette problématique me travaille, mes lectures, quelque éloignées qu’elles paraissent de la question, permettent d’y... [Lire la suite]

03 avril 2013

Liberté, j'écris ton nom...

... ou le droit de dire des bêtises   Un léger décentrement, une distance salutaire, l’oubli d’un cellulaire : conquérir sa liberté, après tout, tient à peu de choses. On nous apprend dès l’enfance à tenir son rôle, à accomplir avec sérieux et minutie tout ce qui incombe à ce jeu de dupes dans lequel on s’est enfoncé jusqu'au cou. Rares sont ceux qui ont le courage de porter leur voix personnelle au-delà des conditionnements familiaux, et de revendiquer un certain égoïsme, une forme d’ingratitude à l’égard des sacrifices... [Lire la suite]
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27 mars 2013

Désorientée

« Quand j’étais petite, je vivais au Liban, et c’était la guerre. » C’est par ces mots que débutait le devoir d’une élève, sommée de « raconter un souvenir d’enfance marquant », en préambule à une séquence sur l’autobiographie. Cette première phrase m’avait profondément émue, au point que je me souviens, des années plus tard, de ce rythme ternaire, de ces mots simples, de la pudeur, surtout, et de l’incapacité à dire la nostalgie douloureuse d’un pays que cette jeune fille avait connu, et tenté d’oublier. Parler... [Lire la suite]
14 mars 2013

les mots et les choses

Fragments contre l’oubli Lamia Berrada présentait hier soir à la Villa des Arts de Casablanca deux livres : Une même nuit nous attend tous, paru en 2012,qui évoque à travers la voix du fossoyeur et celle de sa femme l’enfermement dans un pays où sévit la dictature, et La reine de l’oubli, qui vient de paraître, également chez La Cheminante, et qui raconte la perte de la mémoire que subit la mère de la narratrice, et les efforts pour ne pas sombrer dans la mort et dans l’oubli. La présentation de l’auteur précédait des lectures... [Lire la suite]
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08 février 2013

Kant pour les nuls

L'oeuvre, le lecteur et l'auteur: apologue Il y a une nouvelle de Borges qui me fascine pour de nombreuses raisons, en particulier parce qu’elle met en scène un poète critique de sa propre œuvre, et dont le discours critique dépasse de très loin la qualité de ses vers. C’est « L’Aleph », dans le recueil du même nom. Je ne l’ai pas sous la main, j’en parle de mémoire. Le poète en question, ami ou cousin éloigné du narrateur, a connu de fort près la femme dont ce dernier est épris, et qui vient de mourir au début de la... [Lire la suite]
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27 octobre 2012

Pères violents et mères absentes

Au nom du père Goya, Saturne dévorant ses enfants   Abdelhak Serhane, Messaouda, 1983 Mohamed Choukri, le Pain nu, 1980 David Vann, Sukkwan Island, traduit de l’américain par laura Derajinsky, Gallmeister, 2010 Mia Couto, L’Accordeur de silences, traduit du portugais ( Mozambique) par Elisabeth Monteiro Rodrigues, Métailié, 2011   Père, père, pourquoi m’as-tu assassiné ? tel pourrait être le cri que lancent en diverses langues les enfants qui parlent dans ces romans : un cri de désespoir face à... [Lire la suite]
25 septembre 2012

Vie de quartiers

Boulevard du Crime à Casablanca   Driss C. Jaydane, Le Jour venu, Seuil, 2006 Mahi Binebine, Les étoiles de Sidi Moumen, Flammarion, 2010   Vingt ans et des années-lumière séparent les deux jeunes gens qui prennent la parole dans ces deux romans, qui m’offrent un premier aperçu de Casablanca et ses disparités folles pour mon arrivée ici.   Le roman de Mahi Binebine se déroule dans le bidonville, récemment détruit, de Sidi Moumen, maintenant en pleine réhabilitation, où va s’implanter le tramway de la ville,... [Lire la suite]
27 juin 2011

Seigneur, je ne veux plus aller à leur école

Seigneur je ne veux plus aller à leur école 26 juin 2011 Fouad Laroui, Une année chez les Français,  éditions Julliard 2010 Une fois n’est pas coutume, je vais vous parler d’un roman drôle. Après les tortures, maladies, disparitions, massacres, dépressions et déportations dont parlaient les précédents ouvrages, le roman de Fouad Laroui, même s’il soulève des questions très intéressantes sur l’école, la norme institutionnelle et sociale et l’intégration, est particulièrement rafraîchissant. En 1969, près de quinze ans après... [Lire la suite]
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