Ah, il vous regarde ! et vous désapprouve ? mais grand bien lui fasse, vous allez lui en donner pour son argent. Juchée sur votre podium, enivrée jusqu’à la folie par l’haleine de cet homme qui se serre contre vous, dont vous sentez le sexe en érection sous la toile légère de son pantalon de tergal, vous voyez votre mari, blême et impuissant, tout en bas. C’est encore plus grisant. L’excitation de ce regard de chien battu appuyant lourdement ses reproches sur vos seins, sur vos fesses, sur vos lèvres, brûlant d’humiliation et de haine, aiguise encore vos sens. Sous ses yeux vous caressez le ventre de l’inconnu, torse nu, en lui susurrant des mots doux, et vous assurez que votre mari a les yeux fixés sur la scène. C’est le cas. Tout autour, les spectateurs sont de plus en plus nombreux. D’autres mains se glissent sous les chemisiers fleuris, d’autres regards se font torves ou humides, d’autres langues se cherchent. Ça transpire de sexe sous l’œil professionnel des serveurs, qui font semblant de ne rien voir et vaquent à leurs occupations serviles. Quant à vous, là-haut, vous jouissez du désir qui vous pend au nez à la bouche aux oreilles, dans la vôtre celle de l’homme. Vous tombez et vous restez fermes sur vos appuis, il plonge sa main dans votre décolleté et attrape sans façon votre sein gauche tandis que votre mari, en bas, ridiculement petit vu d’ici dans sa chemise bleuâtre de gentil écolier, vous regarde faire les bras ballants la bouche sèche. Pas même le courage de monter lui en mettre une à ce type aux grandes mains velues qui est en train de vous sauter sur place, là, si ça continue comme ça. Votre cœur vous monte aux oreilles vous empêche d’entendre alors que vous sentez votre culotte de dentelle verte humide entre vos jambes, vos lèvres durcissent frémissent s’ouvrent sous la jupe, il fait chaud, il fait trop chaud et à votre tour sortant de votre torpeur de votre absorption dans le regard subjugué de votre petit mari tout en bas –la pointe de votre pied pourrait presque toucher ses cheveux, si vous esquissiez vers lui un mouvement qui vous fatigue d’avance, tellement vain- vous ouvrez la braguette de l’homme qui vous colle qui vous enveloppe de sa chaleur toujours en mouvement toujours au rythme de la musique toujours suivant les vibrations de la sono, de gauche à droite de droite à gauche genoux souples jambes qui se cherchent et s’entremêlent… mais enfin vous n’allez quand même baiser là, devant tout le monde sur ce podium ?

a) vous vous réveillez en nage

http://www.canalblog.com/cf/my/?nav=blog.manage&bid=856625&pid=28268599 (numéro 13)

b) vous continuez votre manège

 http://www.canalblog.com/cf/my/?nav=blog.manage&bid=856625&pid=28268611 (numéro 14)